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L'école en immersion // 01 Le contexte

CHAPITRE I: dans le bain du bilinguisme dès la naissance.

Quand Thaïs est née, la question de la langue ne s'est pas posée.

C'est naturellement que je lui ai adressé mes premiers mots en français et que son papa en a fait autant en néerlandais.

En préambule, malgré les nombreuses questions dont nous fûmes assaillis, aucune discussion entre nous. Juste la logique du coeur, la spontanéité de s'exprimer à son bébé dans sa langue maternelle.

A 6 mois, elle a intégré une crèche néerlandophone. Bien qu'elle commença d'abord à s'exprimer dans un flamand métissé d'influences francophones, voire carrément mâtiné de vocables français, son premier mot fut "chat!" Un chat, d'ailleurs, ne fut jamais een cat mais resta toujours un chat. Dans le même ordre d'idée, elle ne mit pas un pied avant longtemps à la plaine de jeu, mais fréquenta, par contre, dès son plus jeune âge et pour son plus grand bonheur les nombreux speeltuinen de la Capitale.

Clopin clopant, sur un poetje*, puis sur l'autre, Poupoule grandit sans sembler éprouver plus de difficultés à s'exprimer ou à se faire comprendre que les enfants du même âge grandissant dans un environnement monolingue.

Une chance, dont on n'a pas vraiment réalisé la portée à l'époque, car s'il s'était avéré que le bilinguisme posait problème, je ne peux honnêtement vous dire vers quelle solution nous nous serions tournés. Ni son père ni moi n'aurions tenu sur le long terme dans la langue de l'autre. Ç'aurait été pour l'un source de frustration et fatigue mentale, tandis que l'autre aurait souffert de la culpabilité d'être en quelque sorte favorisé. Et puis, à quelle langue donner la priorité? Des problématique que nous n'avons heureusement pas rencontrées!

Lorsque la question de l'école s'est posée, notre premier réflexe fut logiquement d'envisager l'option école d'immersion en néerlandais. On pourrait penser que vivant à Bruxelles, le choix qui s'offrait à nous était large... je me permets ici un Yèkyèkyèk ironique et dépité.

Bien sûr, les écoles d'immersion existent sur le territoire bruxellois, mais non seulement sont-elles prises d'assaut, en plus sont-elles principalement localisées dans des communes plus... positivement connotées que le Hell-hole dans lequel nous habitions. Des communes qui, à vol d'oiseau et vu l'étendue restreinte du territoire bruxellois, auraient été facilement accessibles depuis la maison... mais les week-end et jours fériés uniquement. En heure de pointe, matin et soir, un trajet de 15 à 20 minutes dure aisément le triple de son temps.

Quant à celles géographiquement plus près de notre domicile, plus rares, elles se sont montrées également plus strictes au niveau des conditions d'inscription. En résumé, vous n'êtes pas domiciliés sur le territoire de la commune, les chances que votre enfant décroche une place sont quasi inexistantes.

Nous avons donc assez vite changé notre fusil d'épaule en optant pour une chouette école francophone, où la domiciliation sur le territoire communal n'était pas un pré-requis et présentant une vraie mixité tant d'un point de vue social que culturel. Le matin, les enfants étaient invités à dire bonjour à la classe dans leur langue maternelle. Poupoule y a entendu ses premiers mots d'espagnol, d'italien, d'arabe et de chinois.Entre autres. A l'heure actuelle, elle a toujours la ferme intention d'apprendre toutes ses langues, d'ailleurs...

En l'espace de quelques semaines, ma petite néerlandophone s'est mise à parler couramment la langue de Molière. Elle mit entre parenthèse, sans l'oublier pour autant, le flamand. Sans doute, le temps nécessaire pour elle, de s'imprégner totalement de sa nouvelle langue de prédilection et de la maîtriser.

L'école en immersion // 01 Le contexte

CHAPITRE II: l'école en immersion.

Lorsqu'il fut certain, suite à la séparation d'avec son papa, que Thaïs et moi allions réintégrer ma douce Wallonie natale, je me trouvai, une fois de plus, face au choix crucial de l'école.

Cette fois, je n'avais pas l'intention de rater l'occasion de l'inscrire dans une école qui proposait l'immersion.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la région offre un panel assez riche. Les propositions sont diverses, aux parents de faire un tri. Ce que je fis.

Il fut assez rapidement évident que l'immersion en néerlandais, mon premier choix, ne serait pas possible. La plupart des écoles du coin qui proposent l'immersion ont opté pour l'anglais. La frontière linguistique est loin et on subit clairement l'influence de la présence du SHAPE*. Certaines écoles basent aussi leur choix sur l'importance de l'anglais sur la scène européenne et internationale. On ne va pas refaire le débat, mais mon avis reste qu'il faudrait que toutes les écoles du pays soient systématiquement bilingues français/néerlandais... Bref.

L'anglais donc... dans le cas de Thaïs, cela revenait à la baigner dans une troisième langue et donc une troisième culture à même pas six ans... On a vu plus efficace pour faciliter l'entrée en première primaire de son enfant...

Il s'agissait d'une décision à ne pas prendre à la légère.

Dans mon prochain billet sur l'immersion, je vous explique sur quels éléments j'ai basé mon choix, comment les choses se passent concrètement au niveau de l'enseignement et comment Thaïs le gère au quotidien.

Stay tuned!

L'école en immersion // 01 Le contexte

*poetje = contraction de pied & voetje -> petit pied

*SHAPE = Supreme Headquarters Of Allied Powers in Europe ou Grand Quartier Général des Puissances Alliées en Europe. Il s'agit du quartier général du Commandement Allié Opérations (ACO) de l'OTAN. Il se situe à Mons et rassemble entre 10.000 et 15.000 personnes. C'est de là que sont commandées les forces des Etats-Unis en Europe.

Note: pour celles parmi vous qui se le demandent, tout sur le trench de Thaïs ici!

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Julie 25/09/2017 16:57

Bonjour! Te souviens tu de moi qui avait un blog nomme Amoremiobello et une petite poulette du meme age quasi que ta Thais? Flavia est ne a Anvers d'une maman française et d'un papa italien et nous avons déménage en France. Jusque la, pas trop de souci. 2 langues, chacun parle la sienne a notre fille (comme vous). Ca nous paraissait tout simplement naturel. Et nous voici maintenant en Australie depuis 2 ans. Flavia avait donc 4 ans quand nous sommes arrives et ne parlait pas un mot d'anglais. C'est incroyable comme ces enfants sont des éponges. Non seulement, maintenant, elle le parle couramment (et pire, avec l'accent australien ;-) ) mais elle parle aussi français et italien sans se poser de question!
JE crois que, nous, parents, avons un peu peur de leur apprentissage mais c'est tellement genial de finalement pouvoir leur apporter ca sans que ca leur pose aucun problème! Et puis, en Belgique, il y a tout de meme pas mal de trilingues....enfin, surtout du cote flamand...j'avoue que les wallons ne sont pas fan du néerlandais!! Je parlais mieux qu'eux avec mes quelques bases! Hate de suivre la suite. :-)

Alix 25/09/2017 20:00

Hello! Bien sûr que je me souviens... je suis toujours tes aventures de photographe sur IG, d'ailleurs ;-) Effectivement, en tant que parent, on a parfois tendance à s'inquiéter, à transférer nos propres peurs et limites sur nos têtes blondes.
Il y a une évolution au niveau des langues, en Belgique, surtout à Bruxelles où être trilingue est quasi devenu une base pour trouver du boulot. Du côté de la Wallonie, les choses se décoincent petit à petit, alors qu'en Flandres, par contre, en ce qui concerne le français, il y a, depuis plusieurs années, un net recul chez les les jeunes. On n'apprend beaucoup moins le français, considéré parfois comme indésirable ou carrément inutile... c'est dommage. Si on pouvait tout mettre dans un shaker, secouer secouer secouer et servir des enfants bilingues à la sortie du primaire...